la protection sociale : mini dossier

Depuis 1994, quelques "pèlerins d'Arès" (pour reprendre le sobriquet dont on les a affublé) ont entrepris d'ouvrir une réflexion pour une remise en cause de ce que l'on appelle la protection sociale en France. [la protection sociale] Voici quelques perspectives issues de rencontres avec le public, d'entretiens avec quelques personnes responsables de diverses parties prenantes, bref d'un débat contradictoire.

"La Sécu a cent ans" titraient il y a quelques années quelques publications de notre pays. Ce "système que tout le monde nous envie" fut mis en place sous la poussée d'hommes et de femmes progressistes (souvent d'obédience socialiste ou anarchiste), dont la plupart étaient d'ailleurs athées, rationalistes, avec des convictions sur l'homme et la société très diverses. Ils prenaient en tout cas le pas sur la religion qui pendant longtemps en France et ailleurs s'était occupée des plus démunis, se pliant en cela à l'obligation de charité telle que demandée par le christianisme.

Qu'en est-il aujourd'hui ? Sans entrer dans des explications sur le comment et le pourquoi, nous tirons au moins deux conclusions sur cette expérience pratiquement unique dans l'histoire moderne de l'humanité.

D'une part, la Sécu est un ensemble d'institutions qui économiquement ne pourront plus tenir longtemps en l'état, pour de simples raisons d'équilibre entre les parties. A titre d'exemple, il est en effet fort peu probable que deux actifs subviennent aux besoins d'un inactif (si l'on prend les ratios et tendances actuelles), sans que la pression ne devienne insupportable. Non seulement en termes pécuniaires, mais aussi moraux. [la protection sociale] D'autre part, force est de constater que par-delà cette faillite économique se profile à l'horizon une faillite beaucoup plus inquiétante. C'est celle de l'incapacité du système à réellement faire changer l'homme. La solidarité est obligatoire dans notre pays (sauf pour les resquilleurs et profiteurs de tous bords, mais ça, c'est une autre histoire). L'individu ne partage pas de son plein gré, parce qu'il aurait regagné une conscience du prochain qui l'amènerait à agir ainsi. Non, il partage parce tout un tas de lois, règlements, dispositions et institutions l'y contraignent. Qu'il se rebiffe ou propose autre chose et on lui fait vite comprendre à coup de lettres recommandées, de procédures et d'huissiers qu'il doit rentrer dans le droit chemin.

Il faut donc se rendre à l'évidence : la protection sociale protège l'homme contre les risques du système (le chômage par exemple) ou de l'existence telle que vue à travers ce système (la maladie, la retraite, la famille). Mais elle n'incite pas l'homme à évoluer pour trouver par-lui même des solutions aux maux qu'il génère en société, à commencer par tout simplement arrêter de générer ces maux. Ce système repose donc sur une forme de désespérance en l'être humain à moitié avouée.

[suite à venir]