les "pèlerins d'Arès" : un sobriquet devenu une appellation commune

les années 1970

L'expression "pèlerins d'Arès" fit vraisemblablement son apparition à la fin des années 1970, ou peut-être avant. Elle fut alors surtout employée à titre de sobriquets par quelques observateurs, dont quelques-uns jettèrent un regard pour le moins dubitatif sur le mouvement qui venait spontanément de naître suite aux premières manifestations et surtout au message qui en résultait.

C'est en effet dès 1974 que fut publiée la première partie de la Révélation d'Arès, initialement sous forme de document ronéotypé (la forme de reproduction la plus économique de l'époque). La première publication de l'Évangile donné à Arès viendra peu de temps après (en 1975) sous forme d'un ouvrage comme on en trouve habituellement dans l'édition.

"Pèlerin" viendrait d'un mot hébreu qui signifie l'homme en marche. Mais il a dans sa langue originale une portée bien plus large que le simple fait de se rendre sur un lieu de pèlerinage comme on l'entend habituellement. Il implique plutôt un mouvement perpétuel chez l'être humain qui retourne à sa vocation originelle d'image et ressemblance du Créateur.

Le terme "pèlerin" qui figure dans cette première partie a peut-être servi de base à l'appellation "pèlerin d'Arès". L'appellation s'en est trouvée en quelque sorte largement adoptée quand un nombre croissant de personnes se rendirent peu à peu dans cette petite localité du Bassin d'Arcachon, d'où le frère Michel avait rapporté la première série de manifestations. Ce mouvement spontané pouvait en effet ressembler aux pèlerinages qui existaient ici et là dans le monde, mais qui voyait confluer des personnes habitées par des convictions et des motivations très diverses.

des réactions diverses

Au départ considéré avec une relative neutralité par diverses parties, le pèlerinage d'Arès signifia rapidement qu'était en train de naître un mouvement qui pour en être minoritaire et inhabituel, marquait clairement son intention de rompre avec la religion.

Il n'est guère surprenant que les "pèlerins d'Arès" et le frère Michel aient été l'objet d'attaques récurrentes, dont les mobiles et les arguments furent la plupart du temps aussi véhéments que creux et couards. Comme pour d'autres mouvements progressistes dans l'histoire, ces diverses piques furent surtout perçues comme la réaction de l'ordre établi face à tout type de mouvement qui en remet en cause les valeurs. Les positions actuelles de la militance "anti-sectes" n'en sont qu'un triste prolongement.

une réalité marquée par la simplicité

Depuis 1974, bien des personnes se sont rendues à Arès sous bien des motifs. Elles en sont reparties comme elles sont venues : en toute liberté, contrairement à ce qui peut être rapporté ici et là.

Et depuis cette période également, le mouvement d'Arès désigne bien plus largement celles et ceux qui ont adhéré à l'idéal rescussité par le message de la Révélation d'Arès, un phénomène qui va bien au-delà du simple fait de se rendre sur les lieux eux-mêmes.

les pèlerins d'Arès : surface sociale

Il est virtuellement impossible d'estimer le nombre exact de pèlerins d'Arès pour au moins deux raisons. D'une part, il ne s'agit pas d'une étiquette qui serait conférée par une adhésion de principe, un ensemble de croyances qui n'engagent à rien d'autres que de croire pour croire. Beaucoup de celles et ceux qui peuvent se croire pèlerins d'Arès peuvent ne pas l'être, comme bien des personnes qui ignorent tout de la Révélation d'Arès portent en elles les prémices d'un changement dans l'esprit de ce message. Et de toute façon, les "pèlerins d'Arès" comme beacoup d'autres n'ont aucunement le monopole de la vie spirituelle, encore moins de la "vérité" et autres.

Le mouvement issu de la Révélation d'Arès n'a pas pour vocation d'appeler l'homme à croire pour croire. Il s'agit plutôt d'appeler d'autres personnes à changer pour trouver en elles-mêmes les ressorts du changement du monde. C'est pour le moins très différent.

À cela s'ajoute qu'il n'existe aucune statistique, aucun recensement, qui donneraient un chiffre précis, si ce n'est au niveau local de façon informelle. Et si nous avons bien compris l'essence de ce message, il n'y en aura vraisemblablement jamais. C'est au contraire la conscience qui guide les relations des "pèlerins d'Arès" entre eux, non des obligations organisationnelles ou pire encore, hiérarchiques.

Mentionnons simplement que les origines sociales, professionnelles, culturelles, etc. semblent être conformes au paysage de la population française. Ce mouvement est donc populaire au sens neutre du terme, il reflète le peuple tel qu'il est, non une élite ou un prolétariat particuliers.

un mouvement non structuré, plus proche de la diaspora que du régiment

Ainsi, aujourd'hui et pour longtemps encore peut-être, la plupart des "pèlerins d'Arès" ne se connaissent pas entre eux. Il n'existe principalement qu'un réseau assez informel qui regroupe une minorité de celles et ceux pour qui la Révélation d'Arès représente un engagement et qui peuvent animer localement des actions publiques pour diffuser la Révélation d'Arès et en faire connaître les perspectives.

Précisons quand même que ces groupes locaux qui se sont constitués spontanément depuis trente ans n'ont pas pour vocation le prosélytisme sur le mode : "Que celles et ceux qui y croient convainquent d'y croire celles et ceux qui n'y croient pas encore". Leur mission est d'appeler d'autres hommes à changer (sous-entendu dans un sens de recréation d'eux-mêmes), ce qui est très différent.

En appelant à la vie spirituelle, les Pèlerins d'Arès ont une mission civilisatrice ou encore transformatrice. Elle consiste à insuffler auprès de leurs contemporains la volonté d'être autrement que ce que le système dicte, parfois férocement, en retrouvant la vie spirituelle.

À ce premier réseau s'ajoutent les occasions de rencontre au pèlerinage lui-même, qui ne se tient pour l'instant que durant trois périodes de deux semaines durant la saison estivale. Au gré des rencontres, chacun est libre de faire connaissance avec qui bon lui semble et de garder le lien.

la fraternité comme lien humain

Ce qui fait ou devrait faire tenir les relations entre pèlerins d'Arès comme entre eux et leurs frères humains, c'est justement... la fraternité. Le terme "frère" est plusieurs fois cité dans la deuxième partie de la Révélation d'Arès et il marque l'aboutissement d'une évolution humaine individuelle de fond (autrement appelée "pénitence" qui n'a rien à voir avec le sens que lui a donné la religion chrétienne). L'enjeu du pèlerin d'Arès est donc de repasser de l'état d' "homme" (dont on sent bien qu'il est problématique), à celui de "frère".

L'action des "pèlerins d'Arès" ne peut être représentée par l'imagerie d'un péplum hollywoodien ou par les films de la propagande bolchévique du début du siècle en Russie. Nous pensons même qu'aucune histoire reliant l'homme à Dieu et à la création ne s'est jamais déroulée de la sorte.

Quatre générations ne suffiront pas, sous-entendu, l'évolution sera longue avant que la force de bien que dégagera une telle mutation n'exerce une influence décisive sur l'ensemble de l'humanité et lui fasse retrouver la voie du bonheur, finalement la réelle vocation de l'homme.

des assemblées souveraines d'elles-mêmes

De façon ponctuelle ou dans la durée, des assemblées de pèlerins d'Arès se sont formées ou dissoutes depuis plus de quatre décennies. Le terme dans la Révélation d'Arès reprend l'idée de toute assemblée d'hommes qui oeuvrent ensemble dans le sens du Bien, tout simplement. Sous la poussée du souffle libérateur qui caractérise ce message, elles doivent redevenir comme la reconstitution progressive de l'humanité en tant que corps vivant, sans cesse en évolution. Les rapports doivent être fondés sur des aspects harmonieux, emprunts de "mesure" et de "douceur", sans chef ni règlement intérieur.

les enjeux

L'objectif premier de la Révélation d'Arès est d'inviter l'homme à changer et partant, à comprendre qu'on entreprend le changement du monde. Force est de constater que dans la plupart des cas, que ce soit à titre individuel ou collectif, les "pèlerins d'Arès" peinent tout naturellement à se tenir à la hauteur de cet idéal. Simplement parce que se mettre en marche ne signifie pas atteindre immédiatement son objectif. Les uns et les autres sont finalement les produits d'une génération (ou d'une civilisation, peu importe) dont un minimum de lucidité montre bien les faiblesses.

Malgré les progrès technologiques, sociaux, économiques (quoique modérés par la crise actuelle), le fond de l'homme reste en demande d'évolution. La Révélation d'Arès n'appelle à rien d'autre, rappelons-le, qu'à bâtir une autre civilisation. Mais contrairement aux initiatives politiques ou religieuses des siècles passées dont l'histoire a montré les limites, voire les effets pervers, ce message appelle l'homme lui-même à être le pilier d'un monde changé.