la paix, oui!... mais pour quelle société

Depuis plus de deux ans, les ouvriers de la moisson en Provence ont ouvert un débat à propos de la paix. Si vous lisez cette page, c'est que peut-être vous avez échangé quelques propos sur le sujet au détour d'une conversation dans la rue ou ailleurs. Voici donc un rappel des pistes de réflexion qui nous semblent importantes.

Nous en rajouterons au fur et à mesure de nos rencontres et avancées.

[la paix oui, mais pour quelle société] La paix est malheureusement un sujet d'actualité. Un foyer de guerre s'éteint ici, un autre se rallume là. Sans compter les guerres dont on ne parle jamais, parce que les populations qui en sont victimes n'intéressent personne ou parce que trop d'intérêts politiques inavouables y sont engagés. Sans compter aussi les tensions permanentes dans notre pays et ailleurs. Sans parler du pétage de plomb qui guette tant de nos concitoyens et qui ressemble fort aux prémisses d'une guerre civile larvée. Que le système de protection sociale s'effondre par pans entiers et il y a fort à parier que nous nous retrouverons dans cette situation. En réalité, notre civilisation devrait plutôt s'appeler une barbarie civilisée car ce qui fait "tenir" la société ne vient pas de l'homme mais d'un mécanisme de protections, lois et pouvoirs qu'il s'est donné mais que manifestement, il ne parvient plus à maîtriser.

Avant de rentrer plus avant dans le sujet, il ressort au moins deux points essentiels des perspectives ouvertes par la Révélation d'Arès.

la politique internationale ne peut garantir la paix

La paix ne peut jamais être garantie par de simples alliances, traités, interventions, etc. diplomatiques ou issues des organisations internationales. Pourquoi ? Parce qu'elles cachent la plupart du temps trop d'arrière-pensées qui n'ont que pour ambition le maintien du système ou pire, sa survie. Il ne peut y avoir qu'une paix établie sans arrière-pensée ni calcul, c'est-à-dire sans que la volonté belliqueuse ne s'efface devant la raison. Cette raison est très simple : le résultat de la guerre est pire pour les parties impliquées que si rien n'avait été engagé, ne serait-ce que par les inévitables sentiments de vengeance, d'amertume, de revanche, etc. qui s'en suivent. Les trois guerres entre la France et l'Allemagne en soixante-dix ans d'intervalle en sont l'illustration, même si d'autres facteurs entrèrent en jeu.

la paix ne se négocie pas, elle se vit

La paix ne peut être non plus une simple motion intellectuele, un concept comme on dit aujourd'hui, ou un rêve d'autant plus chaudement caressé qu'on le considère comme inatteignable. La paix a vraisemblablement des ressorts profonds dont l'homme d'aujourd'hui n'a plus vraiment conscience.

Nos frères de l'islam et du judaïsme se saluent respectivement par un "Salam aleïkum" et "Shalom aleïchem" (traduit dans les deux cas par : "la paix soit avec toi"). image guerre 4 Cette attitude indique qu'au prélude de toute relation humaine doit s'établir un cadre dans lequel les hommes peuvent se confronter sans jamais exercer ni d'emprise l'un sur l'autre, ni de destruction. La persistance de cet antique salut montre qu'il existe toujours pour des hommes la possibilité de rapports d'un autre ordre que "l'affrontement de boucs" comme en parle la Révélation d'Arès (Livre VII/7).

une autre leçon de la guerre en Irak

Nous terminerons par cette impression laissée par les débuts de la guerre en Irak.

En effet, quelles que soient les motivations des Américains là-bas, il est évident que la maîtrise des réserves énergétiques du pays est un des enjeux de cette guerre. Mais il n'y a pas qu'au pays de l'oncle Sam que l'on brûle de l'or noir. Le pétrole coule à flots partout, en tous cas chez ceux qui ont les moyens de se le payer.

Pour quoi faire ? Alimenter des industries, produire des biens d'équipements et de consommation, chauffer des habitations, faire tourner des moteurs. De tout cela, chacun profite sans vergogne et souvent, sans aucune conscience de tout ce à quoi cette énergie est reliée. Qu'elle fasse l'objet d'un pillage généralisé qui s'accompagne ou non d'une guerre n'effleure même pas l'esprit de la ménagère qui pousse son chariot dans les rayons de l'hypermarché.

image guerre 2

La jouissance de la Création est donnée à l'homme, mais pas dans n'importe quelle intention. Il est évident qu'aujourd'hui nous consommons avec frénésie des ressources qui viendront à manquer mais qui surtout, ne nous assurent pas vraiment de satisfaction, quand des pans entiers de l'humanité en sont dépourvues.

Nous ne pourrons donc empêcher ce type de guerre de prédation sans nous-mêmes changer de société, c'est-à-dire de rapports entre nous et de perspectives de développement sensé nous assurer la prospérité, la stabilité, la liberté, etc. en bref le bonheur.

La paix se trouvera avant tout en nous-mêmes. Et, chose contradictoire pour la mentalité moderne habituée au simplisme du raisonnement binaire, elle procèdera souvent d'une lutte.